Centre Pompidou, Paris

MUSÉE NATIONAL D'ART MODERNE - CENTRE GEORGE POMPIDOU | Place Georges-Pompidou
F-75004 Paris

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Peintre et poète, Aurelie Nemours, née à Paris en 1910, appartient à la génération des peintres géométriques abstraits actifs après la seconde guerre mondiale. Le Centre Pompidou lui rend hommage en présentant, du 9 juin au 27 septembre 2004, une très importante rétrospective qui rassemble près d’une centaine de peintures majeures, et un ensemble d’une cinquantaine d'œuvres sur papier, inédites pour la plupart. Ces œuvres proviennent de collections publiques et privées françaises et étrangères et d’un don exceptionnelfait récemment par l’artiste aux collections du Musée national d’art moderne. Le parcours de l’exposition permet de retracer les étapes essentielles du travail de Aurelie Nemours. Il s’ouvre sur la fin des années 40 avec ses premiers travaux, se poursuit avec la série Les Demeures, ensemble de pastels s’étendant sur toutes les années 50, qui s’inscrit chronologiquement dans le parcours et en détermine largement la poursuite.Il se termine avec la série de peintures intitulée Nombre et hasarddes années 90, synthèse de toutes les recherches entre contrainte et liberté de l’artiste. L’œuvre de Aurelie Nemours est résolument engagée dans un constructivisme rigoureux et sensible, fondé sur le rythme exclusif horizontale/verticale qu’elle a privilégié et les formes qui en dérivent. Son utilisation de la couleur, très subtile et audacieuse, en témoigne. « Ce qui est avant la forme, c’est le rythme dont le nombre est le secret » : l’artiste résume ainsi les fondements de son œuvre dont une des séries les plus importantes, s’intitule Rythme du millimètre, 1977-1982, série dont le Centre Pompidou a acquis, cette année, une des œuvres présentées. de la communication 75 191 Paris cedex 04 attachée de presse Anne-Marie Pereira téléphone 00 33 (0)1 44 78 40 69 télécopie 00 33 (0)1 44 78 13 02 e-mail anne-marie.pereira@cnacgp.fr commissaire général Alfred Pacquement commissaire Claude Schweisguth chargée de production Liliane Decaen scénographe Nathalie Crinière

Aurelie Nemours s’inscrit dans le mouvement de « l’art abstrait géométrique » en opposition à « l’abstraction lyrique » ou « informelle » qui eut beaucoup d’adeptes après-guerre. C’est un art exigeant qui n’a pas toujours été reconnu en France. Ayant longtemps poursuivi un travail solitaire soutenu par quelques amateurs passionnés, Aurelie Nemours a commencé à se faire connaître dans les années 80, notamment en Allemagne et en Suisse. Si elle ne peint plus depuis 1992, elle reste cependant très présente, très attentive comme le montrent ses écrits récemment publiés. Aurelie Nemours commence la peinture en 1943. Elle apprend pendant près de 20 ans « tout ce qu’elle doit savoir en peinture» successivement dans les ateliers de Paul Colin, de André Lhote et de Fernand Léger puis, s’engage résolument dans l’abstraction la plus rigoureuse avec une constance qui ne se démentira jamais. Elle se sert d’un vocabulaire plastique réduit au minimum mais universel : la croix, le point, le carré, l’angle droit. Son œuvre, qui à première vue peut paraître austère, est aussi sensuel par le traitement très soigné de la matière picturale. Il est aussi poétique comme le reflètent ses titres : Rythme du Millimètre, Structure du Silence, les Mages, Rosace, Océan... « Chaque centimètre carré de peinture à l’huile étant croisé quatre fois dans les quatre directions » explique-t-elle. Riche d’effets sensoriels, ce procédé donne au travail de l’artiste une présence exceptionnellement forte, voire hallucinatoire. Aurelie Nemours est aussi une grande coloriste, comme on peut le voir dans La Ligne de 1988-90, récemment donnée par la Fondation Scaler au Centre Pompidou. Ne dit-elle pas : « Il faut qu’un tableau flambe et c’est tout » ? Son travail de la couleur constitue, autant que celui sur le noir et blanc, un domaine d’expérimentation continuel. Chaque couleur est prise dans son unicité puisqu’elle n’existe que comme un point. L’artiste parle d’instant couleur, sur l’ondulatoire infini du spectre. Son œuvre se fonde davantage sur l’intuition, un certain rythme intérieur, que sur le calcul et la déduction, comme on peut le constater dans ses œuvres sur papier les pastels bandes dont un grand nombre est exposé. Il s’agit d’une abstraction géométrique très différente de celle de Max Bill, Richard Paul Lohse ou encore de François Morellet ; elle se situerait plutôt dans la lignée de Malevitch, de Helmut Federle, de Agnès Martin, ce que l’on pourrait appeler une abstraction spirituelle plutôt que formelle. Ainsi, la série de pastels des années 50intitulée Demeures, base de tout son travail plastique ultérieur, fait allusion aux écrits de Saint-Jean de la Croix. L’œuvre évolue sans brusque rupture mais avec une grande logique jusqu’à une sorte d’explosion, comme on le voit à la fin de l’exposition, notamment dans la série Nombre et hasardet dans les longues lignes de monochromes. Le travail de l’artiste témoigne d’une méditation sur l’ordre du monde par ces trois fondamentales que sont le rythme, le nombre, la couleur, ces trois mots qu’elle a choisis en sous titre de l’exposition. L’accrochage, volontairement dense, montrera la force de vie qui a conduit cet œuvre. S’il suit la chronologie dans ses étapes essentielles c’est de manière assez souple, car tout l’œuvre tourne autour d’une même obsession de l’absolu, l’artiste elle-même ne prêtant que peu d’attention aux dates puisque son œuvre se fonde sur des lois universelles. Pressetext

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Aurélie Nemours - RYTHME NOMBRE COULEUR
Gallery 2, Niveau 6